Aller au contenu

Victoire de Samothrace : restaurations précédentes

La Victoire de Samothrace fut retrouvée en plusieurs fragments dans le sanctuaire des Dieux Cabires, avant d’être envoyée au Louvre.

La Victoire de Samothrace fut retrouvée en plusieurs fragments dans le sanctuaire des Dieux Cabires, avant d’être envoyée au Louvre à Adrien de Longpérier.

Le parcours à l’époque conduit la Victoire de Samothrace au Pirée passant par Constantinople, puis à Toulon où elle prit le train pour arriver enfin à sa destination finale à Paris le 11 mai 1864.

La première restauration

Adrien de Longpérier est alors conservateur des antiques. Fasciné par la statue, il entreprend de lui faire subir le lifting nécessaire à sa présentation au public: le socle, fragile et fendillé à l’arrière, est intégré dans un bloc de pierre et une tige métallique reliant la hanche droite de la Victoire de Samothrace à la base permet au corps d’être consolidé en position debout. Allez plus loin dans la compréhension et la restitution de l’œuvre est d’autant plus compliqué qu’aucune comparaison n’est possible à l’époque, la Victoire de Samothrace n’ayant en effet pas d’équivalent pour cette période ni cette région. Seul le corps est ainsi présenté au public sur son support pour la première exposition de l’ouvrage dans la salle des Caryatides en 1866. Des lacunes mineures sont comblées par de petits morceaux de marbre, mais le buste et l’aile reconstituée sont remisés dans la réserve ne pouvant être replacés sur la partie principale. Adrien de Longpérier a par contre l’idée de présenter la Victoire de Samothrace de trois quarts gauche, comme ce qui était voulu par l’artiste. Le côté gauche est en effet ostensiblement plus travaillé que le côté droit.

La deuxième restauration

Deux missions archéologiques autrichiennes se succèdent en 1870 et 1875 et étudient les blocs de marbre gris laissés sur place par Champoiseau. La seconde les dessine et démontre par ses relevés que les morceaux s’ajustent sous la forme de la proue d’un navire. Les autrichiens font le rapprochement avec des monnaies hellénistiques et comprennent que le bateau est la base de la sculpture. Ils notent également que le socle bas était orienté en oblique vers la gauche par rapport au mur de fond du bâtiment pris auparavant pour un monument funéraire. Grâce à des moulages de la Victoire de Samothrace, ils proposent alors une restitution sous forme de maquette en replaçant les différentes parties sur le corps. Champoiseau, mis au courant des recherches, fait en sorte que les blocs soient amenés à Paris pour que la base rejoigne la statue. Chose faite en 1879 et les premiers essais de montage ont lieu dans la foulée dans la cour du Sphinx sous les ordres de Félix Ravaisson-Mollien, successeur de Adrien de Longpérier. Contrairement aux premiers ajouts en marbre afin de comblés les lacunes mineures durant la première restauration, c’est le plâtre qui est utilisé cette fois-ci car moins cher et plus simple d’utilisation. Le buste retrouve ainsi sa partie gauche et l’aile droite est restituée à partir d’un moulage inversé de l’aile gauche, elle-même renforcée par une structure en fer. L’unanimité se fait autour du haut du nouvel escalier Daru construit dans le cadre de l’agrandissement voulu par Napoléon III afin de présenter la Victoire de Samothrace à partir de 1883. La présentation se fait dorénavant de face et non en oblique comme c’était le cas dans le sanctuaire des Dieux Cabires, impliquant le remplacement de la tige métallique reliant la hanche droite à la base du coup trop visible par un étai caché derrière la jambe gauche.

La troisième restauration

L’ensemble à présent à son emplacement connaîtra peu d’évolutions, mais sa mise en valeur est retravaillée par le conservateur en chef Etienne Michon en 132-34. La Victoire de Samothrace est avancée de 1,50m vers l’avant et la statue est surélevée de 43cm par un bloc en ciment qui sera supprimé durant la campagne de restauration actuelle. Le corps et le navire deviennent visibles depuis le bas des escaliers. L’avant du bateau est complété par du ciment et les contours antiques dégagés.

La Victoire de Samothrace sera cachée pendant la seconde guerre mondiale au château de Valençay, un dernier voyage prenant fin en 1945 avec son retour sur le pallier supérieur de l’escalier Daru.

Plusieurs fragments ont depuis été retrouvés et les dernières études menées entre 1996 et 2006 ont apporté des éléments susceptibles de modifier la présentation de la Victoire de Samothrace. Les résultats des analyses en cours depuis le début de la présente campagne de restauration sont attendus et auront sûrement leur importance.

Cadeau du jour, imprimez votre affiche à l’effigie de la Victoire de Samothrace: vous pourrez l’accrocher chez vous!

Victoire de Samothrace: poster
Poster

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *