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Retour des tapisseries dite de La Dame à la licorne

La Dame à la licorne est un ensemble de six tapisseries tissé à la fin du XVème siècle et découvert par Prosper Mérimée en 1841 dans le château de Boussac.

La Dame à la licorne est un ensemble de six tapisseries tissé à la fin du XVème siècle et découvert par Prosper Mérimée en 1841 dans le château de Boussac.

La Dame à la licorne est acquise en 1882 par Edmond de Sommerard, le premier directeur du Musée de Cluny, et exposée depuis la seconde guerre mondiale dans une salle en forme de rotonde. Surnommée La Joconde de Cluny, son historique est riche de cinq siècles et d’une légende romantique. Il s’agit plus simplement d’une composition  de six tapisseries représentant chacune un des cinq sens – la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher – et dont la sixième porte la mention « Mon seul désir » sur un pavillon turc devant lequel se tiennent une licorne et un lion portant les armoiries de la famille Le Viste.

Les tapisseries

C’est en 2011 qu’une étude à démontrer un fort empoussièrement des tapisseries dû à leur disposition et à une mauvaise circulation de l’air. Le temps était venu à une campagne de restauration visant principalement à prévenir ces effets pour les années à venir. Dépoussiérage par micro-aspiration, lavage, consolidation des parties fragilisées, remplacement des doublures précédentes qui s’étaient avérées trop lourdes et avaient créé des tensions, l’intervention a duré dix mois entre avril 2012 et février 2013. Pas de nécessités importantes cela dit car l’état général des fils de la tenture était de très bonne qualité. Des visuels en haute définition ont été pris avant et après afin de conserver des traces des travaux effectués sur l’œuvre et afin de toujours mieux répondre à une demande d’un public toujours plus nombreux dans le domaine de la médiation.

La salle

La célèbre tenture de la Dame à la licorne a ensuite été prêtée exceptionnellement durant six mois au Japon dans le cadre de deux expositions hors les murs. C’est la seconde fois que les tapisseries quittent le territoire français après un précédent Outre-Atlantique pour un voyage au Metropolitan Museum of Art de New York il y a déjà vingt ans. La raison à ceci était les travaux effectués dans la salle durant cette même période car la configuration du musée de Cluny ne permettait pas une présentation au public sur place. D’autres tapisseries moins souvent visibles car fragiles ont été exposées en l’absence de la pièce maîtresse en déplacement. Et quel déplacement puisque ce sont 330.000 japonais qui sont allés admirer l’œuvre à Tokyo et à Osaka pendant que l’affluence annuelle sur le musée de Cluny est de 360.000 visiteurs.

L’architecte en chef des Monuments Historiques Paul Barnoud a pris soin pendant ce temps-là de la salle en rotonde aménagée initialement par Jean Trouvelot. L’éclairage zénithal avait déjà laissé sa place à un éclairage par fibres optiques en 1992, la lumière est dorénavant distribuée par des leds dans un faux plafond pour améliorer le confort visuel et créer une intimité avec l’œuvre. Les murs de la salle maintenant rectangulaire ont également été recouverts d’une couleur bleu ardoise mettant en valeur grâce au contraste le rouge des tapisseries accrochées à des plans inclinés, manière ingénieuse de soulager l’effet de la gravité cause des tensions repérées précédemment. La présentation au public reprend les codes médiévaux et le visiteur peut suivre un ordre précis de la représentation du sens le plus matériel – le toucher – au plus spirituel – la vue.

Le projet Cluny 4 se poursuit avec l’objectif de rendre accessible le musée aux publics atteints de handicap. La salle est accessible par une rampe aux personnes à mobilité réduite, la prochaine étape est l’ouverture d’un espace depuis le boulevard Saint-Michel avec accès aux visiteurs et construction d’un ascenseur.

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