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Samarra se refait une beauté et une identité

Le minaret de la grande mosquée de Samarra avec sa forme en spirale hélicoïdale (Malwiya) va connaître une période de mise en valeur.

Le profil du minaret de la grande mosquée de Samarra nous est connu.

Il ne s’agit pas de la tour de Babylone, que les artistes de la renaissance représentaient en spirale hélicoïdale. Cette dernière démontée par Alexandre le Grand pour être déplacée a disparu avant d’être remontée à l’emplacement souhaité à cause de la mort du roi hellène durant la période de travaux. Il s’agit donc bien de la Malwiya, le minaret de la grande mosquée de Samarra, qui va connaître une période de mise en valeur grâce aux démarches des autorités irakiennes. Le site va être étudié dans son ensemble afin de définir son état de conservation et d’élaborer un plan de gestion.

Ahmed Abdullah Abed Abed, ministre d’Etat du gouvernorat et des affaires parlementaire, Ammar Hikmeit Abdulhasan, vice-gouverneur de Salah-Al-Din, Mahmoud Al-Mullakhalaf, ambassadeur délégué permanent de l’Irak auprès de l’UNESCO, et Farid Moustafa Kamil Yasseen, ambassadeur d’Irak en France, étaient en effet présents à Paris pour assurer la promotion du lancement de la démarche. La conservation de la grande mosquée, du minaret d’Al-Malwiyah ainsi que de la ville archéologique de Samarra sera financée à hauteur de 853 000 dollars par le gouvernorat de Salah-Al-Din.

Cette cité est un emblème de la culture islamique et le témoin d’innovations architecturales et artistiques qui ont été copiées par la suite dans les autres régions de l’empire abbasside couvrant un espace allant de la Tunisie jusqu’à l’Asie centrale. Située sur les rives du Tigre, à 125km au nord de Bagdad, Samarra fut la capitale de l’empire à partir de 833 avant de céder ce rôle à sa voisine du sud à la fin du IXème siècle. Une première mosquée y fut construite en 836 par le calife Al-Mutasim puis Jafar al-Mutawakkil construisit la grande mosquée de 849 à 852 sur le même emplacement.

Le projet comprend plusieurs phases dont la première s’étend sur un an et demi. Elle permettra d’évaluer et d’effectuer un suivi de l’état de conservation, d’échanger des connaissances et de l’expérience, de former des archéologues et des ingénieurs, de revoir l’accueil des visiteurs et le musée de site, de concevoir un plan de gestion, d’élaborer un plan de conservation, et de sensibiliser les populations locales à l’archéologie et à l’histoire. La préservation de l’identité culturelle malgré la mise aux normes internationales reste bien l’enjeu majeur de la conservation de Samarra.

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