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Marignan passe les 500 ans sans entrer dans l’histoire

Marignan fut une bataille où les mercenaires allemands ont vaincu pour le compte de la France les mercenaires suisses à la solde de Milan.

C’est Marignan qui sacra François Ier quelques mois après son couronnement.

François Ier monta sur le trône de France au début de l’année 1515. Il est le premier de la lignée des Valois-Angoulême, et succède aux Valois-Orléans dont Louis XII aura été le seul représentant sur le trône du pays. Jeune, grand et fort, il entame son règne en poursuivant les guerres d’Italie entamées en 1494. Le duché milanais passe alors de la domination française à l’influence suisse. Les suisses ont une grande réputation militaire et leurs piquiers sont invaincus depuis deux siècles. Alliés de Charles VIII et de Louis XII, une solde non payée les fait se retourner et vaincre les français en 1513.

François Ier estime avoir des droits par sa grand-mère sur le milanais. Il obtient la neutralité de Charles Quint et de Henri VIII et s’allie avec les vénitiens avant de marcher sur Milan via Marignan. Les suisses tiennent le Mont-Cenis, la première initiative talentueuse de François Ier est de demander à ses sapeurs et charpentiers d’ouvrir la voie par le col de l’Argentière. Plus de quarante mille hommes composés de mercenaires allemands et de nobles chevaliers français passent les Alpes avec soixante canons, une artillerie importante marquant une nouvelle ère dans les combats.

Pour bien faire, François Ier n’oublie pas de payer généreusement les suisses dominant alors l’Italie du Nord. Ceux-ci ne sont cependant pas encore une nation aussi unie qu’aujourd’hui. Les cantons pourtant déjà alliés évoluent chacun à leur manière. Les zurichois et lucernois s’en vont, vingt mille suisses restant défendre Milan. Les français qui ont élargi le chemin dans le col de l’Argentière grâce à des explosifs arrivent dans la vallée de la Stura et capturent les forces papales alliées aux milanais. Les mercenaires suisses en infériorité numérique décident d’attaquer par surprise à Marignan.

Les français ne s’y attendent pas et reculent, désorganisés qu’ils sont. L’infanterie suisse résiste à l’artillerie française et mène le combat suivant la technique qui lui réussit si bien. Les dégâts sont terribles chez les suisses qui repoussent les charges de cavalerie et se battent au corps à corps. La nuit permet aux deux camps de se reposer, et l’armée française s’est réorganisée le lendemain quand les vénitiens arrivent à Marignan à leurs tours. Cette bataille aura vu périr six mille soldats dans le camp français et vénitiens. Les suisses perdent dix mille hommes, soit 1% de la population du pays.

Marignan a permis à la France de reprendre le duché milanais pour moins de dix ans, il s’agit avant tout d’une victoire de prestige. Les suisses signent avec la France la paix perpétuelle de Fribourg par laquelle ils s’engagent à mettre leurs mercenaires au service du roi français. Cependant ils n’ont pas su s’adapter à l’apparition de l’artillerie et les défaites à la Bicocca en 1522 comme à Pavie en 1525 marquent la fin de leur politique de conquête. La présence française en Italie après Marignan a également permis à De Vinci, lassé du comportement de Rome, de prendre la route d’Amboise en 1516.

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