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Homo Naledi sort de sa grotte et se dévoile dans la presse

Homo Naledi, aux membres d’Homo Sapiens et au buste primitif, est la nouvelle star présentée par Lee Berger et la ville de Johannesburg.

La ville de Johannesburg et Lee Berger présentent Homo Naledi au monde.

Lee Berger a découvert l’Homme de Palau en 2006 et Austrlopithecus Sediba en 2008, proposés à chaque fois dans la presse de manière identique. Le premier des deux s’est avéré être plus récent qu’affirmé initialement et en aucun cas une espèce de pygmées. Aujourd’hui, Lee Berger nous fait découvrir sa nouvelle star : Homo Naledi. Très prometteur, il laisse encore les experts français et américains dubitatifs. C’est du côté de Londres que l’enthousiasme est le plus marqué pour le nouveau venu où Chris Stinger, professeur au Museum d’Histoire Naturelle, l’a qualifié de remarquable.

Homo Naledi a le premier handicap d’avoir été trouvé dans une grotte près de Johannesburg dans des sédiments qui sont difficilement datables. Les datations pour les temps anciens se font justement de manière indirecte. Les os eux-mêmes donneront des résultats moins fiables qui aboutiront à une fourchette de dates trop large pour permettre de tirer des conclusions utiles à l’étude en cours. Pour le reste, l’anatomie d’Homo Naledi est déjà bien connue grâce aux mille cinq cents os retrouvés d’au moins quinze individus et au travail effectué dessus par cinquante chercheurs en mai 2014.

La carte d’identité s’esquisse : 1,50 mètre pour 45 kilos. Le primate possède des membres d’Homo Sapiens coutumier de la marche sur de longues distances, seuls ses doigts aux phalanges légèrement courbes trahissent des escapades dans les arbres. Son buste par contre est beaucoup plus primitif et rappelle les australopithèques voire Homo Habilis évoluant il y a deux millions et demi d’années. La variété des espèces se côtoyant à l’époque sur une très longue période de temps pourrait ainsi faire  un peu de place à Homo Naledi si les paléo-anthropologues confirment qu’il est bien si ancien.

Le débat se poursuit avec le contexte de la découverte. Homo Naledi inhumait-il ses défunts ? Cette particularité est reconnue à Homo Neanderthalensis et à Homo Sapiens, mais Homo Naledi est bien plus ancien et serait alors l’inventeur du rite funéraire. La grotte se situe à trente mètres sous la surface et les os ont été trouvés dans une chambre si difficile d’accès que Lee Berger n’a pas pu s’y rendre. Il a dû passer une annonce sur Facebook en 2013 pour recruter des paléontologues filiformes et non claustrophobes. Une manière de relier Homo Naledi au XXIème siècle.

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