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Halte au pillage archéologique ! Halte au pillage culturel !

De l’Occitanie à la Savoie, c’est toute la France qui est victime du pillage de son patrimoine au quotidien.

De l’Occitanie à la Savoie, c’est toute la France qui est victime du pillage de son patrimoine au quotidien.

L’archéologie est une science récente, mais elle n’a eu de cesse d’être réglementée tout au long du XXème siècle. Nul ne peut entreprendre de fouilles archéologiques aujourd’hui sans avoir au préalable obtenu une formation de type études supérieures et les autorisations nécessaires. Le pillage est malgré tout entretenu, voire justifié, par le badaud nostalgique des cabinets de curiosité existant encore récemment. Pourtant la législation encadre le métier et est stricte. Que dit la loi? Code pénal, art. 322-3-1: la destruction, la dégradation ou la détérioration de vestiges archéologiques est punie de 7 ans d’emprisonnement et de 100000€ d’amende lorsqu’elle a lieu sur un terrain sur lequel se déroulent des opérations archéologiques; art. 311-4-2: le vol est puni de même; art. R.645-13: l’intrusion sur un site archéologique est punie d’une amende pouvant aller jusqu’à 3000€. Code du patrimoine, livre V, art. L.544-1: est puni d’une amende de 7500€ le fait de réaliser des fouilles sans en avoir obtenu l’autorisation et/ou sans se conformer aux prescriptions de cette autorisation; art. L.544-2: est également puni le fait d’enfreindre l’obligation de déclaration et de conservation de toute découverte de caractère immobilier ou mobilier; art. L.544-4: le fait d’aliéner ou d’acquérir tout objet découvert ou dissimulé en violation des dispositions du code du patrimoine est puni de 2 ans d’emprisonnement et de 4500€ d’amende. Code du patrimoine, livre V, art. L.542.1 et art. R.544-3: quiconque utilise du matériel permettant la détection d’objets métalliques sans avoir obtenu une autorisation administrative est puni d’une amende pouvant aller jusqu’à 3000€; art. R.544-4: toute publicité ou notice d’utilisation concernant les détecteurs de métaux ne comportant pas le rappel de l’interdiction est puni de même.

Le pillage continue malgré tout et les archéologues se retrouvent impuissants à devoir trouver des solutions auprès des autorités. Premiers visés: les sites archéologiques connus, principalement lorsqu’ils sont laissés au repos entre deux campagnes, mais également ceux qui sont sciemment conservés en l’état pour les générations futures. Des trous sont creusés et les objets prélevés au mépris de leurs environnements et de leurs contextes archéologiques afin d’être revendus sur un marché parallèle. Des indices précieux disparaissent à jamais, notre ancêtres perdant autant de possibilités de s’exprimer et de nous livrer leurs secrets. Il s’agit en effet plus que de l’objet, il s’agit de comprendre pourquoi, comment, où, quand, qui… Autant de questions auxquelles l’objet sans le site ne peut plus répondre. Certains se mobilisent et dénoncent, pendant que d’autres se cramponnent à la loi du silence. Les suspects sont les fabricants de détecteurs de métaux incitant les acheteurs dans une activité de loisirs et les berçant du doux rêve fantaisiste de la chasse aux trésors. Qui se rend compte que la France a subi deux guerres mondiales et que le « trésor » ainsi découvert risque fort d’être une mine ou une grenade dormantes plutôt qu’une pièce gauloise?

La question se pose différemment dans d’autres pays à travers le monde: la destruction des bouddhas de Bamiyan en 2001 et des sites religieux du Mali en 2012, le pillage des musées de Bagdad en 2003 et du Caire en 2011, le bombardement du patrimoine culturel syrien pendant les affrontements actuels… Guerres et révolutions amènent leurs lots de désolation.

Le point commun est l’alimentation d’un marché noir où les acheteurs sont finalement bien trop rarement inquiétés.


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