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Arles et ses fresques de IIème style pompéien

D’extraordinaires peintures figuratives romaines ont été retrouvées à Arles lors de fouilles programmées sur les vestiges d’une villa.

D’extraordinaires peintures figuratives romaines ont été retrouvées à Arles.

La campagne triennale de fouilles programmées 2014-2016 à Arles sur les vestiges d’une villa romaine vieille de plus de deux mille ans a permis de découvrir un véritable trésor archéologique. Le site municipal de la Verrerie de Trinquetaille en rive droite du Rhône a livré dès l’an passé des fresques aux couleurs vives dans un état de conservation exceptionnel. Les fresques romaines du Ier siècle avant Jésus-Christ sont très peu fréquentes en France, et se trouvent presque exclusivement en Narbonnaise. Le IIème style pompéien est daté en Gaule entre 70 et 20 avant Jésus-Christ.

Cette année, une fresque représentant une jeune femme jouant d’un instrument à cordes a été la première peinture figurative en France. Les décors représentant des personnages sur fond vermillon sont très rares, il n’en existe qu’une demi-douzaine en Italie. Les comparaisons sont d’ores et déjà autorisées entre la maison à Arles et le cubiculum 4 de la villa des mystères à Pompéi ou la villa de P. Fannius Synistor à Boscoreale. Protégée par un remblai d’un mètre quarante de haut, la décoration est dans un état de conservation tout simplement exceptionnel après deux mille soixante ans.

Les archéologues ont mis au jour plusieurs portraits de femmes et deux pièces de quinze mètres carrés. La finesse des modelés des personnages et de leurs vêtements rappellent le travail extrêmement qualifié de fresquistes italiens. Ce quartier de Arles était habité par une élite dirigeante durant trois siècles. La salle à manger de 71 mètre carrés et le pigment rouge vermillon fort coûteux à l’époque sont des indices qui trahissent les salles d’apparat des plus riches demeures. C’est l’histoire de Rome et de la Gaule qui se révèle dans cette maison des premiers colons venus s’installer à Arles.

L’état à demander la dépose des fresques en raison de la proximité des nappes phréatiques. C’est la méthode a stacco qui a été choisie. L’opération délicate demande les plus grandes précautions pour ne pas abîmer les œuvres : les peintures murales ont été emmaillotées dans deux toiles – une fine d’abord puis une en chanvre plus solide – avec une colle pouvant se dissoudre, puis de longs fers biseautés ont été glissés entre les couches de mortier d’origine et le mur. Les fresques seront étudiées avant de rejoindre le musée départemental Arles antique dans quelques années pour être exposées.

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