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Archéopole, ou l’âge de la raison au détour d’un licenciement

Petite tempête dans le Nord: un employé de Archéopole est licencié et le syndicat Sud solidaire monte au créneau.

Petite tempête dans le Nord: un employé de Archéopole est licencié et le syndicat Sud solidaire monte au créneau.

L’histoire de Archéopole débute comme dans un rêve en 2004 où cinq copains montent leur société. Longtemps l’archéologie a été le bien du secteur public, mais l’état a eu la bonne idée depuis de privatiser tout jusque la science et notre passé. Ainsi des sociétés privées s’occupent de sites de fouilles préventives aujourd’hui et depuis quelques années. Archéopole, comme d’autres, comme aussi l’INRAP et le secteur public qui ne sont pas à l’abri, en aura fait les frais. L’un des copains a quitté l’aventure, les quatre autres tentent de poursuivre le rêve, mais dans quelle condition?

Archéopole s’est agrandi et n’est plus seulement un pari réussi entre membres d’un groupe soudé. Archéopole est une entreprise locale implantée avec des salariés, des comptes à rendre auprès des promoteurs immobiliers au niveau du temps passé sur le terrain à étudier les sites et auprès des organismes relevant de l’état et du ministère de la culture au niveau des résultats scientifiques. Les deux doivent être conciliés au maximum afin de continuer de bénéficier des facilités de l’un qui est obligé actuellement de céder le terrain aux archéologues jamais assez longtemps et de bénéficier de l’agrément nécessaire à la poursuite de son existence des seconds. Résultat? Une société qui connaît les aléas de son secteur, soit les mêmes que ceux qui sévissent depuis plusieurs années dans la recherche et les universités: le cerveau doit être rentable de nos jours sans quoi il doit disparaître. Alors oui, un archéologue actuel doit d’abord bien savoir gérer son budget. Les salariés subissent des contraintes de temps, des contraintes d’argent, des pressions qui ne devraient pourtant pas faire partie d’un travail « pour la grandeur de la science ». Notre époque est cruelle, notre monde demande des comptes immédiats, rapides et concrets à un domaine qui est plutôt porté sur la longue durée. L’archéologue ne parle-t-il pas en siècles, en millénaires? Ca ne doit pas être suffisant, il devra peut-être aussi demain distribuer des dividendes…

Le syndicat Sud solidaire se défend ainsi et tente de mettre la pression à son tour sur l’équipe dirigeante: oui, il y a un malaise au sein des salariés. Personne ne semble pouvoir le nier. Archéopole est devenue une grosse entreprise, le syndicat dénonce les méthodes de management, les non-dits… et les non-syndiqués dénoncent le syndicat!

Si nous voulons croire aux rêves, les salariés de Archéopole semblent pouvoir nous donner des raisons d’espérer. Tous en chœur les voici à présent défendant leur honneur peut-être plus que leurs conditions de travail. Tous en chœur cependant défendant le travail réalisé et le droit à s’améliorer en interne sans éclats ni déballages orchestrés. Ils goûtent assez peu les méthodes utilisées par Sud solidaire et tiennent donc à contre-attaquer.

Cependant, le micro climat régnant actuellement tient plus à l’attitude des quatre copains qui sont des hommes à l’origine passionnés d’archéologie: à l’heure de la privatisation, de la globalisation, de la crise économique dictant des restrictions budgétaires à chacun, il faut aussi un service presse bien plus efficace.

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